Dans un coup de théâtre avant le lancement du drone Avata 360, DJI poursuit Insta360, soulevant des questions sur la propriété intellectuelle. Ce différend pourrait redéfinir le paysage de la capture aérienne, alors que les deux géants technologiques s’affrontent pour dominer le marché des drones innovants.
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DJI Poursuit Insta360 Avant le Lancement du Drone Avata 360

Alors que DJI s’apprête à dévoiler son tout premier drone FPV 360 degrés, le Avata 360, la société a lancé une offensive juridique contre son concurrent montante, Insta360. Cette fois-ci, il ne s’agit pas de caractéristiques techniques, mais de savoir qui détient la technologie fondamentale qui propulse l’ère des drones.
DJI a déposé une plainte pour propriété de brevet en Chine contre Arashi Vision, la société mère d’Insta360, affirmant que six brevets clés enregistrés par cette dernière devraient légalement appartenir à DJI. Le tribunal intermédiaire de Shenzhen a déjà accepté la demande, signalant qu’il ne s’agit pas d’un conflit mineur, mais d’une véritable bataille juridique.
La réaction du marché a été immédiate et vive. Les actions d’Arashi Vision ont chuté de 7 % lundi, clôturant à CNY181,15 (26,23 $), sous-performant le marché de Shanghai, qui lui a baissé de 3,6 %. Pour une entreprise qui vient à peine de devenir publique, une telle chute reflète de réelles inquiétudes des investisseurs quant aux enjeux en jeu.
Au cœur de la revendication de DJI se trouve une disposition spécifique du droit des brevets chinois : les « inventions de service ». La société soutient que les technologies contestées ont été développées par d’anciens employés de DJI dans l’année qui a suivi leur départ, et qu’elles sont directement liées au travail réalisé durant leur passage chez DJI. Si cela est prouvé, les droits sur ces brevets appartiendraient à DJI, et non à Insta360.
Et ces brevets ne couvrent pas des caractéristiques mineures. Ils concernent des technologies fondamentales pour drones, y compris des systèmes de contrôle de vol, des conceptions structurelles et des traitements d’image. En d’autres termes, la base même de la façon dont les drones modernes volent, se stabilisent et capturent des visuels.
Un aspect intrigant de l’affaire réside dans la façon dont les brevets ont été déposés. Selon des sources proches du dossier, certains inventeurs ont été listés comme « demandant l’anonymat » dans les dépôts chinois, mais leur identité a été révélée dans les dépôts internationaux, où la divulgation est obligatoire. Une comparaison a montré que ces individus sont d’anciens ingénieurs clés de la R&D de DJI ayant travaillé sur des projets de drones critiques.
Ces employés, selon plusieurs sources, avaient un accès approfondi aux technologies les plus importantes de DJI durant leur période d’emploi, soulevant désormais la question centrale devant le tribunal : ces innovations ont-elles été développées indépendamment chez Insta360, ou sont-elles des prolongements du travail réalisé chez DJI ?
Insta360 a jusqu’à présent adopté une position prudente, indiquant qu’elle mène une révision interne et divulguera davantage de détails si nécessaire. Cependant, le contexte plus large montre pourquoi cette affaire compte bien au-delà de six brevets. Car il ne s’agit pas seulement d’un procès, mais du front juridique d’une guerre de produits en pleine escalade.
Depuis des années, DJI et Insta360 évoluaient dans des catégories adjacentes mais distinctes. DJI dominait les cieux avec ses drones, tandis qu’Insta360 s’est bâti une réputation mondiale grâce à ses caméras 360 degrés, comme la X5 et la ONE RS, redéfinissant la manière dont les créateurs capturent et retravaillent des séquences.
Cependant, au cours de l’année écoulée, cette séparation s’est complètement effondrée. En décembre, Insta360 a lancé sous sa marque Antigravity le Antigravity A1, commercialisé comme le premier drone 360 8K au monde. Son discours était simple mais disruptif : amener la philosophie de la capture de 360 degrés dans les airs. La réponse a été immédiate, avec des ventes dépassant CNY30 millions (4,3 millions de dollars) en 48 heures en Chine.
De son côté, DJI n’est pas restée les bras croisés. La société a approfondi son expansion dans l’imagerie portable l’année dernière avec des produits comme la série Osmo et a lancé un modèle blockbuster : l’Osmo 360, empiétant directement sur le terrain d’Insta360.
Aujourd’hui, avec l’Avata 360 à l’horizon, DJI semble prête à fusionner ces deux mondes — combinant son expertise en drones FPV avec une capture immersive à 360 degrés. Prévu pour le 26 mars, l’Avata 360 se profile comme le tout premier véritable drone FPV 360 de DJI. Les fuites et teasers annoncent des fonctionnalités telles que la capture vidéo 8K à 360 degrés, un système de détection des obstacles amélioré, une navigation assistée par LiDAR et une compatibilité avec les derniers casques vidéo de DJI et les contrôleurs de mouvement.
Si les drones 360 deviennent la prochaine grande catégorie, et tous les signes indiquent qu’ils pourraient le devenir, les entreprises qui contrôlent les technologies fondamentales de vol et d’imagerie définiront le marché. La démarche juridique de DJI peut alors être vue comme une tentative de sécuriser cette base avant que les concurrents ne prennent encore plus d’avance.
Ce litige envoie également un signal plus profond au secteur. Il souligne les tensions croissantes autour de la mobilité des talents dans les secteurs de haute technologie, où les ingénieurs passent fréquemment d’une entreprise à l’autre pour traiter des problèmes similaires. Si le tribunal se prononce en faveur de DJI, cela pourrait établir un puissant précédent quant à la manière dont les employés peuvent utiliser leurs connaissances, et ce qui appartient légalement à leur ancien employeur.
Pour Insta360, les enjeux sont tout aussi élevés. Son incursion dans le secteur des drones est encore récente, mais clairement stratégique. La perte de brevets clés, ou même la confrontation à une incertitude juridique prolongée, pourrait perturber le développement de produits et affecter sa crédibilité alors qu’elle tente de se faire une place au-delà des caméras.
Pour DJI, il s’agit non seulement d’une défense, mais aussi de renforcer sa position non seulement en tant que fabricant de drones, mais en tant que société qui possède l’ensemble de la chaîne d’imagerie aérienne — des systèmes de vol à la manière dont le contenu est capturé, traité et vécu. Et tout cela se déroule juste au moment où l’Avata 360 est sur le point de passer au premier plan.
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Qu’est-ce que le différend juridique entre DJI et Insta360 ?
DJI a déposé une plainte pour propriété de brevets en Chine contre Arashi Vision, la société mère d’Insta360, affirmant que six brevets clés devraient légalement appartenir à DJI.
Quels brevets sont concernés dans cette affaire ?
Les brevets couvrent des technologies essentielles de drones, notamment les systèmes de contrôle de vol, la conception structurelle et le traitement d’image, qui sont fondamentaux pour le fonctionnement des drones modernes.
Pourquoi cette affaire est-elle importante pour l’industrie des drones ?
Cette affaire pourrait définir le contrôle des technologies de vol et d’imagerie dans le marché des drones, influençant ainsi les capacités de DJI et d’Insta360 à innover et à se développer.
Comment Insta360 réagit-elle à la plainte de DJI ?
Insta360 prend une position prudente, déclarant qu’elle mène une révision interne et qu’elle divulguera plus de détails si nécessaire.